Je ne suis pas un écrivain. La seule vue d'une feuille de papier blanc me harasse l'âme. L'espèce de recueillement physique qu'impose un tel travail m'est si odieux que je l'évite autant que je le puis. J'écris dans les cafés au risque de passer pour une ivrogne et peut-être le serais-je en effet si les puissantes Républiques ne frappaient de droits, impitoyablement, les alcools consolateurs. Je suis devenue l'éditorial de ma vie. C'est d'abord un album de luxe présentant usages, décors, costumes en vogue dans la grande société. Mais c'est aussi un catalogue utile pour son étendue et sa précision aux corps de métier de luxe, peintres de genre, ébénistes, tailleurs, coiffeurs, marchandes de mode, lingères, couturières. Je ne me base plus sur le passé, je continue à avancer. Nous commentons depuis des années le langage de notre culture de ce point où nous avions attendu en vain, pendant des siècles, la décision de la Parole. Cette parole qui se manifeste enfin en moi. Je prend enfin la décision de tracer un trait sur ma vie lointaine et oublier toute cette haine. Paris était une ville où on jugeait sur l'apparence, il n'y a point de pays au monde où il soit plus facile d'en imposer. Je tires enfin ma révérence dans de belles circonstances.